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 Entre songe et réalité [Éibhleann A'ceàrdach]

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Lucán
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MessageSujet: Entre songe et réalité [Éibhleann A'ceàrdach]   Mer 2 Aoû - 18:17

Entre songe et réalité

Éibhleann A'ceàrdach & Lucán

C’est toujours les mêmes gestes, dans le même ordre. C’est presque comme les rituels sacrés que je réalise pour les dieux. Je refais les mêmes actions dans le même ordre. Errer sur les routes seul à quelque chose d’angoissant. Je ne suis pas un guerrier, même si je m’en sors bien avec mon arc-à-flèches et mon bâton. Mais face à des épées cela ne représente qu’une maigre défense. Il serait commun d’imaginer que ma plus grande protection reste ce que je suis. Qui oserait lever la main sur un Druide ? Je pense qu’il y a longtemps personne n’aurait osé. Mais en ces temps troubles de guerre, où les Chrétiens convertissent à la dure les gens, où les Seigneurs usent de cette nouveauté pour se débarrasser des anciennes obligations, c’est presque une faiblesse mortelle. Les routes ne sont guère sures pour moi. Mais je ne peux rester cloîtré dans la cabane au fond de la forêt. Je me dois d’aller vers les autres, faute qu’ils puissent venir vers moi.

J’ai choisi le lieu où je vais dresser mon camp pour la nuit. Je descends donc prudemment de cheval. Les routes ne sont jamais très sures. Mais je ne me sens guère épié. Lentement j’approche d’un renfoncement en bordure d’un bosquet. J’ai laissé s’échapper le Loup il y a déjà un moment. Il doit chasser quelques parts dans les plaines. Peut-être reviendra-t-il avec des lapins. Cela ferait de la viande fraîche pour le repas. Je me sens fatigué, je compte donc me contenter de puiser dans mes réserves. Ayant trouvé un bosquet d’arbres près de rocher pouvant me protéger du vent, je libère de sa selle mon cheval. Un moment je flatte l’encolure de l’animal doucement. « Je te remercie de ton aide. Tu es bien patient avec le mauvais cavalier que je suis. » Je commente. J’attache lâchement les rênes pour lui permettre de vaquer et brouter l’herbe alentours. Si je ne devais pas temporairement m’éloigner, je le laisserais libre.

Je délaisse mes affaires pour chercher du bois et autres brindilles pour faire du feu. Le jour décroît durant ma quête pour trouver de quoi faire un feu décent. Quand je reviens, je constate que mon cheval mange toujours, mais le Loup n’est pas revenu. Par contre le Corbeau semble somnoler sur une branche. J’ai un sourire. Je dépose mon fardeau sur le sol et je flatte la tête noire de l’oiseau. Tu es un bienheureux. Je m’étire un peu avant de m’agenouiller. Je sors de mon sac une couverture et mon couteau. Je profite du repos que je m’accorde pour boire une gorgée d’eau à ma gourde. J’ai toujours de la viande fumée et la miche de pain, que m’a offert le couple de paysan que j’ai aidé la veille. Cela me suffira pour ce soir. Après avoir refermé ma gourde, je m’attaque au feu. C’est tout un art de faire naître un feu à partir de bois. Et cela demande du temps. J’installe donc mes bouts de bois et brindilles avant de prendre le bâton, que je fais rouler relativement vite entre mes mains. Je répète l’opération de nombreuse fois sans me lasser, sans prêter attention à autre chose.

Une fois mon feu fait, j’ai un sourire. Je m’en sors plutôt bien. Pourtant quelque chose ne va pas. J’ai la sensation d’être observé. Le Corbeau croasse de manière paniquée. Et j’entends le sabot du cheval marteler nerveusement le sol. Je me concentre, pénétrant l’esprit de l’oiseau. Cela me demande de faire le vide dans mon esprit, de chercher le contact. Et il accepte de disparaître à mon profit. Je peux voir à travers ses yeux un bref moment. Je ne suis plus seul. Il y a des brigands ou d’autres voyageurs non loin et armés. Mais le temps que je sorte de transe et que je tende la main pour attraper mon couteau, une pointe acérée se pose sur ma nuque. « Tu peux oublier gamin. » Gronde une voix que je qualifie de masculine. « Tu te lèves gentiment et t’obéis. Sauf si tu veux que je te transperce le cou. »

Sans manifester aucune gêne ou peur, je me remets debout. La point du bâton ou de la lance toujours posée sur ma nuque. « Vraiment ? Menacer de mort un Druide. » Je suis malheureusement trop loin du feu pour qu’il me soit utile. Il est bien trop petit d’ailleurs. Je regarde fixement face à moi. Au lointain, je peux apercevoir quelqu’un à cheval qui approche. Est-ce un de vos amis ou non ? Je ne cligne pas des yeux alors que deux autres hommes s’approchent pour fouiller ma besace. « C’est presque un blasphème. » Le guerrier à cheval, ou plutôt la guerrière, car il s’agit d’une femme est assez proche pour que j’en distingue ses traits. Et je cligne des yeux. Parce que je l’ai déjà vu, dans un rêve prophétique au côté de ma Mère combattant… Ma seule question alors qu’elle se dirige d’un pas décidée vers nous est : alliée ou ennemie ?
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Éibhleann A'ceàrdach
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MessageSujet: Re: Entre songe et réalité [Éibhleann A'ceàrdach]   Sam 12 Aoû - 11:57

Entre songe et réalité

Éibhleann A'ceàrdach & Lucán

Le cahin-caha de mon destrier est agréable. Habituée à voyager à pied, je n’ai pas hésité longtemps lorsque l’on me proposa cette bête, trop chétive pour travailler la terre. Contre quelques pièces durement acquises que je cédais, enfin pouvais-je accélérer la cadence de mes déplacements et espérer trouver de nouveaux villages où mes services seraient nécessaires avant l’hiver.  Mes épaules se félicitaient également de la bourrique, mon paquetage lui étant désormais sanglé sur la croupe, ne restant sur moi qui mes peaux et mes armes.

Je voyageais depuis le matin sur un rythme assez languissant, profitant de la belle journée pour me reposer un peu après plusieurs semaines bien remplies derrière moi. Mes réserves de nourritures étant encore fastes et n’ayant, de mémoire, pas de villages sur ma route avant au moins un ou deux jours de marche, soit moins à cheval, je prenais donc un repos bien estimé.

La nuit tombait peu à peu, colorant le ciel d’un crépuscule clair qui me permit d’avancer encore jusqu’à ce que cela devienne impraticable sans risquer de rompre une cheville de mon nouveau compagnon d’aventure, dont je n’ai toujours pas décidé du nom. Le vague à l’âme et l’air léger de la campagne m’inspirèrent quelques peu, résolument seule sur cette route, je décidais de laisser quelques notes éclaircirent ma gorge.

Over in Killarney
Many years ago,
Me Mither sang a song to me
In tones so sweet and low.
Just a simple little ditty,
In her good ould Irish way,
And l'd give the world if she could sing
That song to me this day.


Je m’interrompis en entendant bientôt du bruit dans les bosquets alentours. Le ciel s’était bien obscurcit déjà et les drôles de bruits me tirèrent de mes rêveries du temps plus simple de l’enfance, si simple avait pu être cette époque. Je tirai la bride de mon cheval pour lui indiquer la direction du sous-bois. Avec un peu de chance, il ne s’agirait de quelques voyageurs abrités pour la nuit qui accepteraient de partager leur feu, dont je distingue les faibles lueurs à travers les bois.

En m’approchant, cependant, je peux remarquer que la situation n’est pas du tout le fantasme que je m’imaginais. Cette journée s’était trop bien déroulée pour que les dieux ne viennent pas tester une nouvelle fois mon courage dans l’action. Je toise le groupe du regard. Deux pillards fouillant les maigres ressources, un troisième tenant de sa lance… un druide ? Ma main glisse par réflexe vers la garde de mon épée.

- Voilà bien des façons de s’entretenir avec un émissaire de nos dieux… Je brise le silence qui règne sur les lieux depuis mon arrivée, pour seul bruit alors le doux crépitement du feu et le bruit de quelques bêtes nocturnes dans les alentours. Impossible de dire si ces hommes sont de simples brigands dénués de la moindre cervelle ou s’ils agissent pour le compte de l’Eglise.

- Fait demi-tour, cavalière, ça ne te concerne pas.  Rétorque aussitôt celui-là même qui s’occupe de tenir en joue le frêle druide. Mon regard balaye une nouvelle fois la scène. S’il ne quitte pas la nuque du jeune homme, ou du moins est-ce ainsi que je le perçois, je ne pourrais pas empêcher qu’il lui transperce le cou.

- J’ai sur moi plus d’argent que le petit homme que tu tiens au fer de ta lance. Je suis prête à te le céder si tu parviens à me le prendre. Tu ne risquerais pas le courroux des dieux à t’en prendre à un druide quand une guerrière te propose monnaie sonnante et trébuchante contre un combat à trois contre un ?

Mon cheval s’ébroue tandis que je descends et tire mon épée.  Il n’a jamais vu un champ de bataille et doit sentir la tension dans l’air. Les trois compagnons n’ont pas encore bougé, ni même répondu. Les deux voleurs se contentent de regarder leur chef, en attente d’une décision de celui-ci.  Mes yeux croisent ceux du druide et une lueur étrange brille dans les siens, comme s’il me reconnaissait. S’il peut lire dans mon regard, lui qui est dans la confidence du destin, alors il doit comprendre qu’il va falloir agir vite, qu’il n’y aura bientôt plus d’autre temps que de celui du combat.

Tandis que se relèvent les deux plus proches de moi, mes phalanges blanchissent en enserrant mon épée, mes muscles se bandent, prêts à passer à l’action. Dans un coin de mon esprit, je prie Morrigan, Ogme et ceux qui vont, une nouvelle fois accompagner mon bras. Un sourire mauvais aux lèvres, sûrs de pouvoir m’arracher mon argent sans difficulté,  les deux comparses s’avancent en ma direction tout en tirant hache et coutelas.

- T’es bien trop conne, guerrière, pour croire que tu pourrais te faire la compagnie du Chien Sale à toi seule !

Un sourire passe sur mes lèvres. Les dieux sont une nouvelle fois avec moi, j’ai récemment accepté une récompense si je ramenais ce bandit. Je croise une nouvelle fois le regard du druide, bien silencieux jusqu’alors et je hoche du chef.

L’instant suivant, mon épée dévie le coutelas et je me baisse pour éviter la hache. Le combat est lancé.

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MessageSujet: Re: Entre songe et réalité [Éibhleann A'ceàrdach]   Mar 15 Aoû - 18:50

Entre songe et réalité

Éibhleann A'ceàrdach & Lucán

Je t’observe calmement venir vers nous. Je ne bouge pas, toujours sous la menace de la pointe, qui appuie sur ma nuque. Les deux autres fouillent mes besaces. Mon cheval s’impatiente et s’effraie, mais attaché il ne peut guère fuir. Le corbeau, lui, s’est envolé temporairement. Je regarde du coin de l’œil les deux voleurs se servir dans mes provisions et étaler au sol mes herbes médicinales. Un des deux s’intéresse à mon arc. Je ne me fais guère d’illusion, ils me prendront tout ce qui a la moindre valeur et le cheval aussi. Finalement, je reporte mon attention sur toi, qui arrêtes ton cheval face à nous. Tes traits me sont familiers. Tu es une redoutable guerrière, qui combat au côté de Morrigan. J’ai eu plusieurs visions de tes combats. C’est étrange de te rencontrer dans le monde réel. La pointe de l’arme appuie un peu plus sur ma nuque, me forçant à pencher la tête vers le bas.

Et tu parles. Bon au moins, tu es une alliée pour moi. Et je connais ta valeur. Ce qui n’est pas le cas de l’homme, qui se tient derrière moi et t’engage à partir. « Parle celui qui vit dans l’ignorance. » Je commente calmement. Je ne cède jamais à la peur ni à la colère. J’ai ce contrôle sur moi typique des Druides. La pointe appuie un peu plus. « Crois-moi tu gagnes à accepter sa proposition… Sinon tu finiras en sacrifice pour le dieu du monde des Morts » J’ajoute un avec un léger sourire. J’écoute ta proposition. Si tu savais… Je suis presque certain que Morrigan leur arrachera la vie elle-même, s’ils devaient prendre la mienne. Mon regard dévie vers le feu et le long couteau. Ils sont trop loin. Une pression de plus se fait sentir sur ma nuque. « À genoux, le druide. » Déclare l’homme dans mon dos. Et j’obéis. Je n’ai guère d’autre choix vu la situation. Et j’ai toujours la pointe de sa lance sur ma nuque, me forçant à l’immobilité.

Je relève le regard sur toi alors que tu es descendue de cheval, l’épée à la main. J’ai un léger mouvement positif de la tête. Je suis conscient que l’affrontement physique est inévitable. Je bouge les doigts et mon regard dévie vers le couteau à nouveau. J’en suis moins loin. Mais tant que le lame sera sur ma nuque, je serais incapable de bouger assez rapidement pour le récupérer. Je retiens un soupir et je mordille ma lèvre inférieure. Il me faudrait une solution rapide. Je ne doute pas de ta bravoure et de tes chances de gagner, mais je ne peux pas non plus juste resté là à attendre. Finalement, ils se décident à te combattre. Je regarde les deux hommes se relever et sortir leur arme alors que le chef t’insulte et se présente. Compagnie pour trois voleurs est un bien grand mot. Mais je retiens la remarque pour moi. Cela dit l’annonce semble te faire plaisir. Peut-être que leur tête est mise à prix…

Et puis tout s’enchaîne. Tu évites un coutelas et le combat commence. Pour ma part, je dois toujours me débarrasser du chef dans mon dos. Alors je fais le vide en moi, laissant loin derrière mon corps pour que mon esprit retrouve le loup et pour voir à travers ses yeux de prédateur. La scène qui se présente à moi est simple. Je peux me voir à genoux au sol avec un homme, qui me tient en garde. Un battement de cil et un léger tournis plus tard, je suis de nouveau dans mon corps. Moins longtemps dure l’échange d’esprit, plus aisé est-il d’y mettre fin. Il est donc là, mon compagnon protecteur, tapis dans les fourrés prêts à attaquer. Méfie-toi de sa lance. Ne grogne pas. Mes ordres fussent dans l’esprit de l’animal. J’étends la main vers le couteau. Maintenant. L’instant d’après l’imposant animal a sauté sur l’homme, qui me menace. Je me suis contenté de basculer en avant pour éviter le choc. Le corps derrière fois fini au sol, et la mâchoire du loup se referme avec un grognement sur le cou de sa victime.

J’en profite pour tendre la main vers le couteau. Je me redresse et je le lance sur un des deux hommes. La lame s’enfonce dans les muscles de son dos. « Ah flûte. » Je déclare avec un grimace. Pour le lancer de couteaux, j’ai encore besoin d’entraînement. Je ne suis même pas certain de t’avoir aidé pour le coup. Du coup je me retourne, le loup tient toujours sa proie dans sa gueule et l’homme se débat. Par réaction les mâchoires se resserrent. Je tends la main et je récupère sa lance. Ma main gauche étant libre, je la plonge directement dans le feu. En la ressortant, la flamme danse autour de ma main. Et je me redresse. « Tu le veux vivant ou mort, le chef  ? » Je questionne en penchant la tête et attirant l’attention vers moi un moment.
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MessageSujet: Re: Entre songe et réalité [Éibhleann A'ceàrdach]   Sam 16 Sep - 12:41

Entre songe et réalité

Éibhleann A'ceàrdach & Lucán

Ils mettent le petit druide à genoux, comme si l’humiliation n’était pas déjà assez lourde, comme s’ils ne se couvraient déjà pas assez d’ignominie sans cela. Les temps sont durs, pour nous tous, Irlandais qui vivons encore avec les anciens dieux, avec les dieux de nos pères et de leur père à eux. Les brigands ne respectent plus les traditions, ils ne craignent plus les dieux comme ils devraient les craindre. Ce Dieu Unique n’est qu’annonciateur de malheur, il ne répond pas à ses disciples tandis que nos avatars marchent parmi les mortels.

Mon épée virevolte et fend l’air d’un geste rapide. Plus rapide encore, mon opposant qui recule d’un pas. Ma lame lui entaille le bras, mais pas aussi profond que je l’aurai voulu. Le sang épais coule abondamment par la blessure et il me maudit au travers de ses dents. Ma seconde attaque est parée par le coutelas, les armes étincelles quand l’acier rencontre l’acier. Il porte une botte à mon encontre, mais déséquilibré, je le fauche d’un mouvement de pied. Il tombe dans un craquement sinistre avant que la pointe de mon arme ne lui transperce l’épaule, le faisant lâcher coutelas et cri en même temps.

Je peux voir le druide psalmodier, invoquer dans la vielle langue quelque sortilège. Je pars l’attaque saugrenu du deuxième brigand, mais avant que je ne puisse contrer, un loup surgit des bois, portant sa puissance mâchoire sur le cou de celui identifié comme chef.

- Maudite ! Beugle mon opposant en se reconcentrant sur moi. Un cri de douleur lui est arraché quand le couteau lancé par le druide se plante dans son dos. Il n’en perd pas moins sa hargne envers moi, perturbée que je suis en voyant le petit homme plonger sa main dans le feu et la ressortir indemne, les flammes oranges encore dansantes entre ses doigts.

Je me baisse de justesse pour éviter une nouvelle botte, pas assez cependant et plusieurs mèches de cheveux volent. Les cris de celui à terre se taisent bientôt tandis qu’il retrouve une once de courage. Me décalant de quelques pas pour faire face à mes deux adversaires, j’entends la voix du prêtre venir à ma direction.

- Vivant, si cela t’est possible.

J’aurai aimé prendre les deux autres vivant également, mais cela semble mal parti. Je pars à gauche et donne un coup de savate à droite. Je roule en avant et frappe d’un coup circulaire qui entaille les chausses et les chairs. J’ai le dos à découvert et un de ces salauds en profite pour porter un coup. La douleur est vive, elle part de mon épaule jusqu’au milieu de mon dos. Je lâche un cri et me redresse tant bien que mal. Je peux sentir le liquide poisseux coller mes vêtements. Ces soudards hors-la-loi commencent à m’exaspérer.

Les flammes me lèchent le dos, augmentant encore mon malaise. Celui blessé à l’épaule charge, je m’esquive et frappe. Il tombe dans le feu en hurlant. L’air s’emplit de l’odeur âcre des chairs qui brûlent. Mon mouvement est cependant malhabile et j’ai juste le temps de contrer une nouvelle attaque.

Je jette un coup d’œil au druide, j’espère qu’il s’en sort mieux que moi, avec son loup, sa lance et les flammes qui dansent dans sa main.

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