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 Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]

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Lucán
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MessageSujet: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Mer 9 Aoû - 19:28

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

Mon cheval boite depuis ce matin. Même sans m’y connaître énormément en regardant à sa patte arrière gauche, j’ai remarqué que le fer se détachait de son sabot. Le pauvre animal doit souffrir. Je ne suis pas très loin du village le plus proche de ma forêt natale. Je peux y passer. Le forgeron acceptera certainement de lui changer son fer usagé. C’est des rares villages où on me respecte comme un vrai Druide devin malgré mon jeune âge. Il faut dire qu’ils sont proches, et que je passe toujours par chez eux lors de mes errances. De plus, s’ils ont besoin d’un guérisseur, ils savent où me trouver. Je connais l’ensemble des villageois. Une forme de respect et d’amitié nous unit aujourd’hui. Il faut dire qu’ils sont assez reculés dans les plaines pour que les nouvelles croyances ne les atteignent point encore. C’est un peu comme un chez moi. C’est d’ailleurs eux qui m’ont offert mon cheval.

Pour alléger mon cheval, qui se montre généralement d’une grande aide, j’ai décidé de marcher le long du chemin. Je me retrouve donc à avoir mon bâton de druide dans ma main gauche et la rêne du harnais dans la droite. À mes côtés trottine mon loup. Le corbeau lui s’est habillement perché sur la selle et se laisse porter. Mais vu son poids, il ne représente guère un poids en trop pour le cheval. Nous avançons lentement au rythme de mon compagnon de voyage boitillant. Je ne suis guère tenu par un délai précis ou une urgence, je me laisse donc porter par la cadence du cheval. En réalité, je retourne me ressourcer dans la forêt où j’ai grandi. Finalement, en fin d’après-midi le village apparaît au détour de la route. Un fin sourire éclaire ma mine. C’est comme être à la maison après un long voyage.

Pourtant en arrivant au village, je constate qu’il n’a pas son calme habituel. Je me décide d’approcher de la place d’où viennent les cris et injures proférées. Sans lâcher mon cheval, le loup sur mes talons, je me dirige vers la place où se trouve le forgeron et l’auberge. J’envisage d’ailleurs de devoir passer la nuit ici. Une fois près de la place, je constate que l’ensemble des villageois sont présents. Et ils sont plutôt en colère. J’avance un peu, m’excusant pour passer. Comme souvent ici, les gens se reculent avec respect pour me faire de la place. Je constate que le centre de l’ire locale est un guerrier au centre du cercle. Guerrier, qui ne m’est pas inconnu vu que je t’ai déjà une fois soigné. Sentant la foule sur le point de commettre l’irréparable, je lâche la bride de mon cheval et j’avance vers le doyen du village, qui en est aussi le chef.

« Quoi qu’est fait cet homme, je ne pense pas que cela mérite la mort. » Ma voix est claire, calme et douce comme toujours. Cela a l’effet désiré. Le chef se retourne est un semblant de silence s’installe, laissant le temps au guerrier de se reprendre. « Bien qu’ayant déjà rencontré cet homme, je peux douter de sa politesse, mais pas de sa bonne conscience. », j’ajoute en avançant un peu plus près. Le vieil homme a un mouvement de salutation. « C’est toujours un honneur de te recevoir. Mais sauf ton respect, noble Devin, tu ne connais pas les actes de cet homme. », j’ai un sourire poli. Il n’a pas tort. Mais tout le monde sait que je réprouve la violence. « Effectivement. » Je concède. « Peut-être pourrions-nous en discuter et voir quel châtiment est le plus approprié. » Car à moins qu’il n’y ait crime de sang, la mort me semble être une punition bien chère payée.

Les villageois restent suspendus à mes lèvres, attendent de voir comme leur chef va régler cette histoire. « J’ai mon temps vous savez. Mon cheval a un problème avec un de ses fers, et j’espérai trouver ici une aide quelconque… », j’ajoute avec un acquittement de la tête. Je me trouve maintenant entre les villageois et toi, trouble fête reconnu. Finalement le forgeron se déplace pour aller examiner mon cheval. La tension retombe un peu et je me tourne vers toi. « Combien de fois vais-je devoir te sauver la vie ? » Je te questionne sachant pertinemment que tu ne possèdes pas la réponse. Je fronce des sourcils en t’observant. Qu’as-tu donc bien pu faire ?
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Llyr mac Lóegairi
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MessageSujet: Re: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Lun 14 Aoû - 0:12

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

Llyr était parfaitement à son aise dans cette taverne. Il s’y sentait comme un poisson dans l’eau. Autour de lui, ses fidèles compagnons avaient atteint leur niveau d’ébriété de croisière. Liam n’était pas loin de rouler sous la table. Ce grand dadais ne tenait pas l’alcool mais il n’avait pas son pareil sur le champs de bataille avec sa force herculéenne. Llyr s’était attiré les faveurs de la serveuse qui le servait plus généreusement que le voulait les règles de la maison. Il lui déclamait quelques poèmes de son cru, du moins, des beaux mots qu’il réarrangeait à sa sauce. Souvent la simple manifestation de sa bonne éducation suffisait à allumer le cœur des femmes et à les séduire. La bonne serveuse s’y était laissée prendre et lui tournait autour, attirée comme l’abeille par le nectar. Il plaisantait, et la flattait, disait n’avoir vu pareil beauté même à Tara. Elle piquait un far, rougissait, et le servait avec générosité jusqu’à ce qu’il profite d’elle.

Le jeune guerrier l’attira dans un geste paraissant simple sur ses genoux. En réalité, il avait adroitement calculé son coup. La serveuse tomba sur ses genoux en riant se croyant maladroite, elle s’en excusa. Il la flatta plus encore, disant que sa présence le rendait le plus heureux des hommes. Ses compagnons étaient mort de rire en le voyant faire, habitué au manège de leur jeune compère. Llyr aurait pu se dire Prince et cela lui aurait probablement suffit, mais il aimait faire la cour, cela faisait parti du jeu, et de l’excitation de la chasse qui l’étreignait. Il fit boire la jeune serveuse, l’invitant à l’accompagner. Ses yeux innocents et naïfs ne voyaient pas le mauvais regard du tavernier qui n’appréciait guère les soudaines faveurs dont sa fille bénéficiait. Llyr était trop empressé de conquérir la belle et rondelette blonde pour réaliser le danger du tavernier qui venait de disparaître de derrière son comptoir.

C’est lorsqu’il avait les mains posées sur les seins gonflés de la jeune femme que le tavernier apparu, furieux. Llyr, imprudent, se moqua du bonhomme. Erreur qu’il regretta par la suite. Le bonhomme furieux attrapa sa fille par le col et la traina hors de la vue de l’imprudent guerrier tout en laissant tonner une voix grondante et furieuse. La fureur du bonhomme ne s’apaisa point. Llyr pensait l’incident passé, et quoiqu’un peu penaud d’avoir perdu sa prise, il se régala néanmoins de la bonne bière et de l’histoire qu’il aurait à conter par la suite. Ce fut sa seconde erreur, de ne point fuir.

Quelques minutes plus tard, ce fut lui qui fut trainer dehors par de robustes paysans furieux. L’honneur de la demoiselle était en jeu, et le tavernier n’était pas un homme au caractère facile. Son visage rougeau était empreint de fureur alors qu’il racontait les abus et asseaux que sa noble et innocente jouvencelle avait subit. Llyr eut beau dire qu’elle était tout à fait d’accord, et que visiblement aucun d’entre eux n’avait conscience que les jeunes aimaient s’amuser aux jeux de l’amour, il se retrouva cernés par des fourches et pioches qui lorgnaient d’un peu trop prêt la chair tendre de ses fesses et de sa nuque. Il était désarmé, et ivre, autant dire, pas vraiment en état de se défendre alors qu’il sentait la tournure tragique que prenait la scène.

C’est à cet instant que quelqu’un s’interposa. Llyr ne mit pas longtemps à reconnaître le jeune homme qui l’avait soigné après une bataille particulièrement sanglante. Il était reconnaissant au destin d’avoir envoyé le jeune druide sur sa route à cet instant. Allait-il lui sauver la mise une seconde fois ? Llyr ignorait comment il pourrait lui montrer sa reconnaissance, pour le moment, il espérait que le jeune druide parvienne à les apaiser car lui, tout mot qu’il pouvait dire ne faisait qu’augmenter la rage du tavernier. « Cet homme a abusé de ma fille et de son innocence ! Comment pourra-t-elle trouver époux après un tel outrage ? » tonna furieux le tavernier. « Et il s’est moqué de nous, lui et ses hommes ne sont que la lie de la société. Des ivrognes sans foi ni loi qui pillent les bonnes gens comme nous. Si nous les laissons faire, ils continueront de ravager nos terres, de prendre nos filles et nos femmes, et de nous laisser exsangue. » Quant à la question sur combien de fois lui faudra-t-il sauver sa vie, Llyr n’en possédait pas la réponse. « Le moins possible j’espère, ce n’est point que j’aime t’être redevable mais plutôt que je tiens à mon séant. »

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MessageSujet: Re: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Sam 19 Aoû - 19:38

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

Debout entre le chef du village et toi, j’observe tout ce monde d’un œil tranquille. Qu’as-tu pu bien faire pour les énerver, et en particulier le tavernier. Mais je ne me leurre guère, tu es loin de porter les mandilles typiques des gens du peuple et des voyageurs. Tous doivent avoir flairé en toi le guerrier issu de la noblesse. Et donc tu es sûrement riche ou ta famille doit l’être. Ce qui peut représenter un avantage en espèce sonnante et trébuchante. Ce qui en soit peut se comprendre. Cela dit de là à te faire sabouler par tout le village… M’est d’avis que tu as fait plus que trop boire ou faire de belles promesses à ces chers villageois. Par précaution, je reste entre toi et le village. Le forgeron se désintéresse de ton histoire pour aller examiner les fers de mon cheval. Et moi, j’attends de plus amples explications sur tes agissements.

Je te lance un regard par-dessus mon épaule. Je suis certain à tes yeux rouges et ton teint que tu as un peu trop bu de nectar de damelot ou bien de la bière ou du vin épicé. Quoiqu’il en soit tu es ivre et sûrement pas en état de te défendre seul face à ces villageois de très mauvaise humeur. J’ignore ton crime, mais je compte sur le fait que je suis leur affidé. Ils se fieront à mon jugement même si je ne suis pas un Druide, mais un Devin. Après tout, je parle toujours au nom des divinités que nous adorons tous. Finalement, le tavernier reprend la parole pour houspiller la foule et moi-même. Je reste calme, l’observant. « Ma fois, mon ami, s’il a réellement abusé de l’innocence de ta fille, je suis tout disposé à célébrer un mariage. » Cela dit de moins point de vue, le tavernier a très bien compris que tu avais de l’argent et un mariage est toujours une négociation financière. Alors de là à imaginer qu’il a ourdi ce plan… Il n’y a qu’un pas que je franchis en pensée. Un soupir m’échappe quand tu me réponds.

Je me tourne vers toi en t’observant. « Trêve de plaisanterie. Je te signale qu’au mieux tu es un époux ou pire un cadavre. » Je ne suis pas d’humeur à partager les plaisanteries grivoises d’un guerrier noble totalement ivre et inconscient. Cela me sera déjà bien compliqué de te sortir de là vivant, sans que tu en rajoutes. Je me tourne donc vers le chef du village. « Mais avant, j’aimerais m’entretenir tant avec la fille de l’aubergiste, qu’avec cet ignoble individu, qui cause bien de troubles dans ce paisible hameau. » Je déclare d’une voix calme et sereine. « Puis-je lui parler en particulier ? » J’ose espérer qu’ils m’accorderont ce privilège. Le tavernier fulmine toujours. Et le chef consulte du regard la populace. « Il va s’enfuir ! Tu vas lui permettre de fuir ! » Déclare subitement l’aubergiste. Et cette fois, le silence est total. « Tu as ma parole qu’il ne partira pas. » Je réplique calmement. « Bien sur, tu le connais et tu veux nous faire croire que tu ne vas pas l’aider ! » L’homme insiste de plus en plus rouge.

Comment dois-je le prendre ? « Me traites-tu de menteur ? » Je questionne en fronçant des sourcils et en claquant mon bâton sur le sol. « Non, il est juste très énervé. Excuse mon époux noble Devin, mais quand il s’agit de notre fille… » Mon regard dévie vers la femme, qui s’incline face à moi et s’interpose entre le tavernier et moi. Bien maintenant, ils vont redouter que je les maudisse… « Soit, nous avons toute confiance en toi. Nous allons donc te laisser parler à ce guerrier. » Et sur ces braves paroles, le chef du village congédie tout le monde. J’attends que la place se vide et je soutiens le regard coléreux de l’aubergiste. Du coin de l’œil, je remarque le forgeron emmener mon cheval. Une fois seul avec toi, je soupire et je m’agenouille. « Comment peut-on se mettre un village à dos aussi aisément ? Tu ne dois pas tenir à ton séant tant que cela pour porter les mains sur une damoiselle face à son père ! » Je réplique sur un ton calme mais sévère. « Maintenant, raconte-moi tout que je sache au moins de quoi il en retourne. »
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MessageSujet: Re: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Sam 2 Sep - 18:23

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

L’ivresse a laissée place à un étourdissement et un flou général autant de ses pensées que de sa vision nébuleuse. Llyr a l’impression de nager en plein délire. Aurait-il donc abusé tant que cela de cette divine boisson qu’est la bière ? Certes l’hydromel qu’il a ajouté quelques heures auparavant au mélange n’est pas son meilleur allié à cet instant, et au fond de sa caboche enfiévré il en a conscience. Il n’est pas en état de se défendre, et de toute façon, aucun de ces gens là n’useront des codes de la chevalerie, aucun d’eux n’aura dans l’idée de prendre épée ou hache et de le combattre un par un, s’ils décident de le tuer ça sera en meute, et soyons honnête, ses reflexes sont loin d’être au beau fixe, quand à ses compagnons, aucun d’eux ne l’a suivi dehors ni tenté de le l’aider. Il est seul. Enfin seul, non, depuis peu il y a un sauveur angélique dont la tête blonde n’a jamais été aussi bénie qu’à cet instant. Llyr a conscience qu’il va être sacrément redevable au devin, mais qu’importe, il tient à sa tête collée à sa nuque. Quoique les paysans d’ici ne pratiqueront sûrement pas la mise à mort réservée aux nobles, et il aura de la chance s’il est assommé avant d’être molesté jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sa vie est en jeu, il en a conscience, pourtant, il manque de jeter de l’huile sur les flammes en entendant le mot mariage.

Sa famille envisageait avec dévouement son union avec une princesse du sud du pays alors qu’il n’était qu’un bambin. Quand les années ont passées et qu’il s’est avéré que sa réputation a fait fuir la fiancée et sa famille qui a trouvé une vieille loi pour briser l’engagement, il a réussit à échapper au destin sordide l’attendant. Se laisser emprisonner par les lois du mariage, hors de question ! Il savait parfaitement ce qu’il adviendrait alors, dès que les enfants viendront se mêler à l’histoire. Certes, beaucoup d’hommes dotés de famille continuaient à faire la cour aux femmes, et à s’amuser, et certains passaient même des années sans approcher du foyer familial, mais il aimait sa chère liberté et comptait bien la conserver aussi longtemps que possible. Aussi eut-il une protestation qui s’étouffa dans l’œuf quand le druide se tourna vers lui, son regard d’azur étant aussi sombre d’un ciel de tempête. Il régurgita péniblement, ravalant sa fierté et ses griefs contre cette noble institution. Comment avait-il deviné le nœud des pensées du prince déchu ? Sans doute parce qu’il devait pouvoir lire les pensées. Ou alors était-ce lui, qui était aussi facile à décrypter ?

La négociation de Lucán manque d’échouer quand l’aubergiste pense y voir une filouterie. Certes, Llyr en aurait bien profité pour s’échapper, et  en temps normal, en pleine capacité de ses facultés autant mentales que physique, il l’aurait fait à la minute où l’aubergiste s’était approché de lui. Hélas, il n’était pas au mieux de sa forme et maintenant que tout le village était réunit, le serrant, le cernant, il ne faisait guère le malin. Heureusement, Lucán était un druide. On ne bafoue pas parole ni l’honneur d’un druide. Si les braves gens avaient envie de se venger des seigneurs rançonnant leurs moissons, ils n’oseraient pas s’attaquer à un honnête et respectable druide. Llyr devait reconnaître qu’il s’était mis tout seul dans le pétrin. Et jusqu’au cou. Il avait même pas songé à évoquer son nom, ceci dit, jusqu’à présent, il évitait de le faire. Sa famille ne serait que trop heureuse d’avoir une raison pour le mettre sous clé et sous étroite surveillance, sans doute par les mêmes armes que précédemment évoqué, à savoir le mariage.

Ainsi, ils se retrouvèrent seuls ou presque. Llyr était sans doute ivre, au point de ne plus tenir debout, ce qui l’avait arrangé en soi qu’ils le forcent à s’asseoir pour le surveiller, mais pas au point de perdre tous ses réflexes. Ce qui lui avait permit de remarquer que l’aubergiste était resté à portée d’œil, et assez prêt pour le rattraper sans doute, d’autres villageois étaient restés aux alentours. Se mêlait en eux curiosité et colère. Llyr avait conscience qu’il avait provoqué à lui tout seul la colère de tout le village. Un vrai tour de force si on y réfléchissait deux secondes. S’il y survivait, ce serait une bonne histoire à raconter autour d’une bonne bière. Il s’imagina la mousse et la saveur, cela le ragaillardit. Puis ses yeux se posèrent sur Lucán à qui il allait sans doute devoir la vie. Un sourire apparu sur son visage, un peu trop confiant, sans doute, et un regard qui en disait long sur l’espoir qui l’agitait, et le soulagement qu’il éprouvait. L’alcool dans ses veines augmentait ses émotions et leurs manifestations. « Sans doute peut-on dire que j’ai été assez benêt en agissant de la sorte, mais tu aurais vu cette damoiselle, tu aurais sans doute agit pareillement… » Llyr se repris en croisant le regard du jeune druide. « Enfin, sans doute pas toi, mais beaucoup d’hommes, plus raisonnables que moi, auraient suivi le même chemin tortueux. » Le prince haussa les épaules en secouant la tête. « Certes, j’ai été stupide. Je ne l’avais même pas vu. Enfin, j’avais pas compris qu’ils étaient parents. Mais quelle idée aussi d’embaucher sa propre fille comme serveuse, et de la laisser s’habiller ainsi devant les clients… je te parie que je suis pas le premier ni le dernier à lui conter fleurette. C’est qu’elle a de très… jolis yeux. » se reprit-il au dernier moment. « Mais je te promet que nous étions deux à jouer. Je ne lui déplaisais pas, c’était évident. Elle doit pas voir beaucoup d’hommes qui ne sont pas des malotrus si tu vois ce que je veux dire. J’étais aimable, et gentil, pas grossier ni vulgaire. Mais il est possible que nous envisagions de faire ce que deux beaux jeunes gens peuvent faire ensemble quand on les laisse libre de choisir. »

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MessageSujet: Re: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Dim 29 Oct - 11:47

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

Je ne sais rien de ce qui est arrivé, pour être honnête. Mais je reste persuadé que l’affaire peut se régler autrement que par une mise à mort. D’autant plus que tuer le fils d’un Seigneur serait plus que mal venu. Et cela pourrait aisément finir par une troupe de guerriers venant tuer et massacrer tous les villageois pour réparer l’outrage fait à leur famille et à leur nom. Et cela même si le dit fils est considéré comme indigne de son lignage. Donc, je tente au mieux d’éviter un bain de sang inutile. Et je compte sur le fait que les villageois sont tous encore des pratiquants de ce que les Chrétiens nomment l’Ancienne Religion. De ce fait, pour eux, je reste un être sacré dont on ne remet guère la parole en doute, tout puissant en dessous des Divinités mais au-dessus des Seigneurs. Autrement dit, ils s’inclineront. Et ce que fait sagement la femme de l’aubergiste ainsi que le chef du village. Il nous accorde un moment pour parlementer seul. Et j’en ai bien besoin pour démêler le vrai du faux.

Mais je sais qu’il y a peu de chance que je t’évite le mariage. Encore que ce serait des épousailles celtes, et que tu serais libre de répudier sans la déshonorer ton épouse après une année complète. C’est différent des Chrétiens pour ce que j’en sais. Mais je doute qu’un guerrier tel que toi, qui aime autant les femmes et leurs courbes, puisse accepter cette solution. Je ne sais même point en quel dieu tu crois. Mais je ne fais jamais de différence, contrairement aux prêtres chrétiens. Car pour nous, tout être vivant est enfant de la Déesse Mère et mérite donc respect et aide. Je soupire profondément avant de me tourner vers toi. Tu es toujours assis mollement sur le sol, toujours aussi saoul et amusé par la situation. Le Loup s’approche, gardien silencieux, qui n’apprécie guère l’attention malveillante de l’aubergiste, ni la curiosité de quelques villageois. Je m’agenouille face à toi pour être à ta hauteur. Le canidé s’allonge près de moi, tête haute, regard perçant tourné vers la potentielle menace. Mon bâton est déposé au sol. Le Corbeau lui se perche non loin, lui aussi joue à la sentinelle. Le calme est revenu. Il est temps de parlementer donc.

À cet instant, je me demande si tu as conscience, que je te sauve la vie pour la seconde fois. Je me demande pourquoi les dieux me mettent systématiquement sur ton chemin, quand tu as des ennuis. Il faut croire qu’ils tiennent à ta vie. Je secoue la tête. Un autre soupir m’échappe. « Les Druides ne font pas vœu de chasteté. Tu nous confonds avec les prêtres chrétiens. » Certes nous sommes souvent des solitaires, mais le mariage ne nous est pas interdit, ni d’avoir des enfants. Les Celtes sont en soi assez libres à ce niveau-là. Et j’ai vu plus d’un corps de femme dévêtu, que ce soit pour la soigner ou dans d’autres occasions. Et même si le désir, qui brûle chez les autres hommes à la vue d’une poitrine généreuse dénudée et de peau blanche et douce, ne me consume pas, cela ne signifie nullement qu’aucune damoiselle n’a voulu me tenter. Mais je ne vais point te raconter cela. Ce n’est pas le propos qui nous intéresse.

Je ferme les yeux un bref moment. « As-tu conscience que tu es dans un petit village ? Et qu’ici les enfants travaillent toujours avec leurs parents ? » Je questionne las d’avance de tes stupidités. « Et même si la jouvencelle a des formes appétissantes, qui attisent le désir, qu’elle les met à son avantage, cela ne te donne guère le droit de poser la main sur elle. » Je réplique d’une voix assez autoritaire. Il semblerait que je doive te donner une leçon en cet instant. Même si je connais la fille de l’aubergiste, et qu’elle s’est toujours montrée très gentille, voire trop aimable, avec moi. Je sais qu’elle ne laisse aucun homme indifférent. Elle est belle comme une Fey. Et elle possède bien des charmes féminins, qui rendent envieuses les autres femmes du village, et fous d’amour les hommes. « Tu n’as même pas idée du nombre de morts que ta bêtise peut coûter à ce village ? », je calme exaspéré. « Donc quand une femme te sourit, tu penses qu’elle t’offre ses faveurs ? Et tu es assez niais pour en profiter face à tous ? Imbécile. Et soûlard ! » Je déclare avec un autre mouvement négatif de la tête. « En attendant, je doute de te sortir de ce piège. Tu as offensé l’honneur d’une vierge et provoquer l’ire de son père. » Je me demande quelle solution vais-je trouver. « Et tu ne me donnes rien comme argument pour te défendre. » Mes yeux cherchent alors un puits ou autre pour y puiser un seau d’eau fraîche et te le balancer. Cela te remettra les idées en place !
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MessageSujet: Re: Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]   Jeu 23 Nov - 13:33

Le guerrier malchanceux

Llyr mac Lóegairi & Lucán

Le prince malchanceux observa le loup avec bienveillance. Il avait toujours aimé les bêtes. Il portait beaucoup d’affection aux chevaux, il n’en avait jamais eu vraiment un à lui, jusqu’à ce qu’il parte de la cour en volant au passage un des ses chevaux préférés. Mais il n’avait jamais eu de chien, jamais eu de loup. A la cour, les molosses sont fait pour garder l’enceinte, souvent lâchés une fois la nuit tombée afin de dissuader les voleurs. Il admire la beauté de l’animal et le pelage soyeux qui un bref instant le frôle. Il pourrait s’endormir sans peine contre une telle fourrure. Son ami le druide doit être heureux de pouvoir compter sur pareil compagnon.

Puis son regard se porte sur le druide. Ce dernier secoue la tête, semblant se demander comment le prince peut être aussi ignorant des coutumes et des serments dans sa profession. Peut-être l’a-t-il su un jour et oublié dans une énième beuverie. Il passait certainement plus de temps et d’attention à trouver comment séduire les donzelles qu’à étudier la composition et le fonctionnement de la société. Et puis qu’il était évident qu’il ne règnerait pas, il avait abandonné toute idée de se prêter au jeu de la politique. Il porte un regard à son sauveteur groguenard comme s’il attendait que ce dernier lui fasse une confidence et comme celle-ci ne vient pas, il lui jette une invitation. « Vraiment ? Oh alors, tu me comprends ! Ça doit marcher du feu de Dagda de séduire les donzelles quand on est un druide, non ? » N’importe qui dans sa situation aurait jugé plus prudent de se taire et d’écouter le jeune druide avisé et bienveillant mais Llyr était ivre. En temps normal, il aurait compris qu’il valait mieux se la jouer sobre seulement il était complètement ivre, et porté par l’alcool il se perdait dans des idées idiotes et des pensées bas de plafond.

« Elle avait l’air tout à fait contente de s’asseoir sur mes genoux ! » grommela le prince ne se souvenant qu’aucun refus à ses invitations plus que graveleuses. Il n’était certes pas habitué à ce qu’on lui refuse quoi que ce soit, pas quand il alignait les pièces d’or sur la table pour régler leur généreuse addition. La plupart des gens voyant ses armoiries et comprenant son lignage acceptaient son comportement infantile et inconscient. Llyr pensait que c’était pour sa belle gueule que les femmes acceptaient ses œillades et ne s’était jamais interrogé plus que cela. Il pensait qu’ils étaient jeunes et devaient profiter de la vie. Mais à ce stade d’ivresse, il n’était pas en capacité de réfléchir. « Je l’ai pas forcé non plus… » qu’il ronchonna encore dans sa barbe en fronçant les sourcils comme un enfant mécontent.

Llyr releva les yeux. « Je te jure, druide, que je l’ai forcé à rien ! Elle avait envie de se mêler à nous, de boire avec nous ! » fit-il en toute innocence. Car Llyr n’avait pas l’esprit malveillant. Il était juste égoïste, pas méchant. Encore fallait-il que le druide croie en cette innocence affichée. « Elle a juste bu de la bière, et s’est juste assise sur mes genoux. C’était pas méchant. » insiste-t-il en creusant la terre avec ses mains. Il avait l’impression que le monde continuait à tourner sacrément vite autour de lui dès qu’il relevait les yeux. S’ancré à la terre, au druide, à sentir le pelage chaud du loup proche de lui l’aidait à rester connecté à l’instant présent, à ne pas dériver.

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Le guerrier malchanceux [Llyr mac Lóegairi]
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