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 Druide, où te caches-tu ?

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Dearbháil Kerr Lovat
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MessageSujet: Druide, où te caches-tu ?    Sam 9 Sep - 17:20

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán
Druide, où te caches-tu ?




Habituée par les basses températures, Dearbháil s’était vêtue en conséquence. Un accoutrement adéquat composé non seulement d’une longue robe dont l’épais tissu était capable de contrer la fraicheur mais également de fioritures tout aussi importantes telles qu’un plaid en laine de mouton grisâtre et des guêtres. Nonobstant les couches censées la réchauffer, il ne lui était pas interdit de frictionner ses mains entre elles pour accentuer cette impression.

« Du nerf, on ne va rien trouver si tu marches à cette allure. »

Sans relever le nez en direction de Amargein, la jouvencelle prit soin d’accélérer le pas pour ne pas être à la traine. Sûrement encore un peu endormie, l’air frais venait effleurer l’épiderme d’ores et déjà rougi de son faciès tandis que ses doigts se recroquevillaient devant ses lèvres. Un maigre souffle et voilà qu’une buée à peine opaque quittait l’étreinte de sa bouche pour finalement disparaître dans l’atmosphère. « Il fait froid. » Marmonna-t-elle sur un ton presque inaudible.

« Arrête de te plaindre et cherche quelque chose qui pourrait s’avérer utile. On manque terriblement de varech depuis quelques jours, la mousse, tu te souviens n'est-ce pas ? »

Autour des deux comparses, la forêt se dressait en maîtresse. Impossible de percevoir le bleu du firmament à cause de la densité des feuillages. Selon les nombreux récits rocambolesques que son père lui contait de son vivant, la jeune femme serait née quelque part entre ses arbres. Difficile à croire entre deux gorgées d’eau de vie et quelques rires bien heureux. Après tout, la druidesse avait beau avoir l’esprit volatile, il lui arrivait tout de même de garder les pieds sur terre. Suite aux paroles de son interlocuteur, elle ajouta : « Alors nous devons aller davantage au nord pour trouver le lac.»

« Au nord ? Mais que tu dis encore comme sottises ! Le lac n'est pas au nord mais bien à l'est. Es-tu en train de perdre l'esprit ? Ou peut-être n'es-tu pas assez réveillée pour me guider correctement ! » Après avoir attendu quelques secondes et toisé les environs, il finit par déblatérer (dans sa barbe) quelques remarques supplémentaires et très certainement destinées à la rouquine. « Je dis que nous irons à l'est ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ... » Le vieillard parlait beaucoup mais peut-être n'avait-t-il pas entièrement tort. D'ailleurs, difficile de savoir où se trouvait le nord ou l'est dans pareille situation. Le soleil ? Impossible d'en percevoir l'emplacement. La mousse ? La forêt était peu éclairée et l'humidité telle que les troncs en étaient  exhaustivement recouverts. « Bien ! Alors je vous suis, montrez-moi par où est l'est et nous irons tout deux dans cette direction. » Inutile de préciser que l'aigri jeta un regard coi en direction de son apprentie et ce sans attendre. Un peu lasse de l'attitude adoptée par l'homme considéré comme étant son mentor, la jeune femme prit le pas dans une direction choisie au hasard avant de disparaître sous les yeux de Amar'. Au loin, elle pouvait alors entendre : « Je prends la direction opposée et nous verrons bien qui trouvera le varech avant l'autre ! Gare à toi si j'avais encore une fois raison ! » Puis plus rien, le calme plat.

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Dernière édition par Dearbháil Kerr Lovat le Mer 13 Sep - 4:11, édité 1 fois
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Lucán
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Mar 12 Sep - 21:29

Druide, où te caches-tu ?

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán

Tara, capitale d’Eire. Je ne viens jamais jusqu’à la ville. Mes errances m’ont conduit non loin de l’immense cité royale, dans les forêts alentours. Je n’approcherais guère trop près des murailles entourant la ville. Mais les forêts toutes proches recèlent de plantes, et mes réserves se vident. Je suis un Devin voyageur, je dois donc cueillir les plantes médicinales régulièrement. Certaines se trouvent plus aisément dans certaines régions. J’erre énormément. Mais contrairement à certains vieux Druides, qui hantent les cours des Seigneurs et les villes, je préfère venir en aide aux habitants des petits villages voire aux fermiers vivant dans les plaines loin de tout. Il est plus aisé de parler de nos divinités dans les contrées lointaines qu’en ville. Ici, les Chrétiens s’installent et leurs croyances servent d’armes aux Seigneurs désireux de s’absoudre de toute autre autorité réelle.

Il fait frais en ce petit matin. Mais la froideur et l’humidité ambiante ne m’ennuient guère. Je passe ma vie à voyager, dormir à la belle étoile. Les seuls moments où je vis avec un toit au-dessus de ma tête est lorsque un village m’offre l’hospitalité, ou quand je retourne dans ma forêt natale, vivre en autarcie avec l’Ancien et la nature. Je ne redoute guère les hivers rudes et les privations. Cela me fait penser que les saisons passent bien vite. Il me faudra retourner vers ma chère forêt bientôt. C’est vital si je désire pouvoir faire des réserves avant que le froid ne s’installe avec le gel et la neige. Cette pensée me fait lever le nez vers la voûte feuillue des arbres d’où perce à peine le ciel. Je renifle un peu. « Tu vois, je crois que l’hiver arrivera plus tôt qu’habituellement. » Je déclare au Loup qui erre dans les sous-bois non loin de moi. Le corbeau s’est envolé un peu plus loin, et semble guetter de son œil perçant les bruits des sous-bois.

Après un soupir satisfait, je regarde de nouveau la mousse de varech, que je récolte avec précaution. Je ne désire pas abîmer la plante. J’ai repéré de la menthe sauvage aussi et de la verveine. Je compte bien récolter de tout avant de reprendre mon chemin vers d’autres contrées plus isolées. Je prends mon temps, ayant ma journée pour récolter ce qu’il me faut. Je choisis mes plantes avec soin, ne prenant que ce qui m’est nécessaire. Il est inutile de piller le lieu de toutes ses ressources. Je remercie d’ailleurs Mère Nature de nous offrir autant de bienfaits. Le Loup passe près de moi et s’immobilise à quelques pas. Il a les oreilles droites et un léger grognement lui échappe. J’arrête ma cueillette pour me redresser et approcher de l’animal avec un froncement de sourcils, les sens aux aguets.

Le Corbeau croasse un moment et je devine une présence proche. J’entends des voix, une conversation animée presque. Je me déplace légère en posant un doigt sur mes lèvres pour intimer le silence à mes compagnons. Et je glisse dernier un arbre alors que des bruits de pas étouffés par le sol couvert d’herbe et de feuilles. J’observe un moment, avant de te voir approcher. Une jeune damoiselle, qui s’est éloignée de son compagnon. Du moins est-ce mon hypothèse. Tu ne sembles pas dangereuse, ni plus armée que moi. Bien que je possède couteaux et arc. Finalement le Loup sort de sa cachette et se plante devant toi avec un grognement. Je soupire avant de sortir de ma cachette à mon tour. « Il n’est pas méchant. » Je déclare dans ton dos, et je fais signe à mon compagnon de s’asseoir. « Serais-tu perdu jeune damoiselle ? » Je questionne avec un froncement de sourcil.
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Dearbháil Kerr Lovat
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Mer 13 Sep - 4:05

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T
andis qu’elle s’avançait sur cette route tracée d’un simple coup d’œil, le jeune druidesse prit soin de redresser un peu les pans de sa longue jupe pour pouvoir se mouvoir sans encombre. Difficile de circuler librement dans pareil accoutrement, surtout au sein d’une broussaille tumultueuse voire traitresse. Fort heureusement pour elle, les bottes choisies n’étaient guère celles qu’elle portait habituellement en ville, ce qui n’était d’ailleurs pas pour lui déplaire.

Soudainement, la jeune femme redressa le menton, interpelée par un bruissement de tissu ou peut-être étaient-ce les feuillages. Au loin, l’écho de la vocalise d’Amargein s’était éteint en laissant Dearbháil seule face à la faune hostile ; « Il y a quelqu’un ? » Piètre tentative pour se rassurer tandis que la jouvencelle tournait sur elle-même pour observer les environs. On pouvait entendre que sa voix trahissait une once de malaise, à croire que malgré son affiliation avec la nature ainsi que son éternelle discrétion, la solitude elle-même ne lui seyait pas vraiment. D’ordinaire perdue dans ses ouvrages, elle n’avait que ces doucereuses et fraiches matinées pour pouvoir profiter de l’air frais ainsi que de la forêt. Néanmoins, ces habitudes dans le domaine étaient plutôt malingres et c’est avec le souffle coupé qu’elle continuait de regarder attentivement autour d’elle. Au sein de sa poitrine, son cœur battait la chamade, un tambourinage contre sa cage thoracique qui aurait pu faire penser à un authentique orchestre de percussions. C’est enfin qu’elle le vit : un grand loup se dégageant de l’obscurité.

Elle fut prise par un soudain mouvement de recul et ne manqua pas de chuter en arrière. Sans oser ôter son regard de l’imposant animal, un léger déglutit quitta ses lèvres en entendant le grognement de ce dernier. Sans un mot, sûrement terrifiée, elle ne bougeait pas. Quelle sotte pouvait-elle bien être. Pourquoi diable s'être éloignée de son mentor alors qu'elle était vraisemblablement incapable de se défendre. Nonobstant sa position de faiblesse ainsi que la démangeaison prenant ses guiboles (partir en courant, ou rester ?) les bouts de ses doigts finirent par s'accoutumer de la terre ainsi que des feuillages sur lesquels elle était assise. Distraitement, elle usait de ses ongles pour creuser petit à petit, à croire que le geste lui offrait un soupçon de réconfort.

« Il n'est pas méchant. Serais tu perdue damoiselle ? »

Sans attendre une seconde, son faciès se tourna vers la source de ces paroles tandis que ses propres lèvres s’entrouvrirent subtilement. Perdue, peut-être l'était-elle finalement. « Je ne suis pas perdue... disons juste loin de mon foyer. » Aussitôt, elle frappa la paume de sa main contre son propre fond, sûrement pour se punir de cette maladroite révélation. Dearbháil était effectivement loin de chez elle si l'on prenait en compte le fait qu'elle ne savait absolument pas dans quelle direction était la capitale. Ce n'était cependant pas une raison pour le crier sur tous les toits surtout sans connaître son interlocuteur. Toujours assise, l'air un peu penaud, la jeune femme finit par frotter ses mains gantées l'une contre l'autre dans l'espoir de pouvoir retirer la terre humide s'étant amassée dessus. Il se pouvait d'ailleurs qu'elle ait gardé une belle trace de sa précédente contrariété, son front étant partiellement recouvert d'une couche terreuse. Si le vagabond était un bandit, elle le saurait bien assez tôt mais ce n'est pas pour autant qu'elle prit la fuite. « Mon mentor doit encore être dans les parages. » Ajouta-t-elle dans une tentative désespérée de rattraper sa précédente erreur tout en priant pour que Amar' ne se soit pas trop éloigné.

Finalement, après avoir retrouvé le fil de ses pensées, la druidesse posa son regard sur la sacoche ou même le panier que tenait le jeune homme. Curieuse, elle s'approcha lentement nonobstant la présence du loup alors que son ton de voix, autrefois distant, divulguait son intérêt : « Étiez-vous en train de cueillir ? »

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Lucán
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Dim 17 Sep - 15:32

Druide, où te caches-tu ?

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán

Je t’observe, dissimulé dans les ombres de la forêt. J’ai grandi dans les bois et j’erre assez souvent seul pour me faire invisible au besoin. Et je suis très silencieux. Mais je peux te voir observer avec curiosité autour de toi, et j’entends ta voix questionner. Je préfère me taire. De toute évidence, tu n’es pas armée, ni dangereuse. Toi peut-être pas, mais rien ne me prouve que tu n’es pas accompagnée. Pourtant j’ai l’impression que tu dégages un peu de Glamour, quelque chose de familier. Mais s’il m’est aisé de sentir les Feys, je ne peux en dire autant de ceux pourvus de dons de leur part. Cela n’est qu’un sentiment vague au plus profond de mon cœur. Je te regarde avancer vers moi, et je bouge silencieusement pour me dissimuler un peu plus derrière l’imposant chêne. Le Corbeau fait silence dans les branches plus haut. Et tu passes devant moi sans me voir. Il me suffit d’attendre sans bouger que tu sois assez loin pour reprendre ma cueillette de plantes médicinales.

Sauf que le Loup en décide autrement, et qu’il se plante sur toi. Majestueux, bien planté sur ses quatre pattes, il te fixe de ses yeux mordorés. Un grognement léger lui échappe et il t’est destiné. Je retiens un soupir profond et je secoue la tête. De toute évidence, il va falloir que je manifeste ma présence. Surtout que je remarque ton mouvement de recul suite à un mélange de stupeur et de frayeur. Tu ne dois guère être habituée des animaux sauvages ou de la forêt. C’est du moins ce que je déduis de ta réaction. Et assisse par terre face à l’imposant prédateur, tu sembles bien petite et fragile. Je regarde un moment la scène. Puis je sors de ma cachette. Le regard de mon compagnon lupin revient sur moi, et d’un geste de la main je lui ordonne de s’asseoir. Pourquoi ne pas l’avoir laissé passer ? Je le questionne mentalement alors qu’il penche la tête, intrigué sur le côté droit. Et cesse de grogner, tu l’effrayes. J’ajoute toujours à travers notre lien.

Puis je m’adresse à toi calmement et posément, avec douceur comme toujours. Je te rassure. Le Loup n’est pas dangereux, tu ne risques rien. Je te questionne aussi. Sachant que tu dois venir de Tara, même si je n’y entre jamais, je sais dans quelle direction se trouve la citée royale. Disons que je me suis déjà approché de ses murailles sans jamais en franchir une porte. Je t’observe un moment en haussant des sourcils. « Nous sommes tous loin de nos foyers. », je réponds doucement avant de me diriger vers le Loup. « N’est-ce point une définition d’être perdu ? » J’ajoute vaguement amusé par ta piètre tentative pour ne pas paraître esseulée et à la merci du premier venu. Je tends la main au Loup, qui la sent, puis je caresse sa tête entre ses deux oreilles. « Ô je vous ai entendu arriver de loin. » Je commente amusé. Je suis un être silencieux et attentif. Et j’ai l’habitude de la solitude lors de mes errances, ce qui me force à être prudent et discret.

Je continue de flatter l’animal près de moi tout en sortant mon couteau de cueillette. Tu n’es guère une menace, juste une jeune femme perdue. Je t’entends t’approcher, ce qui vu ta peur du Loup est étrange. Mais je constate que le contenu de ma besace t’intrigue. Je penche la tête un peu, amusé par la question. « Certes. Que ferais-je donc en forêt sinon ? » Je questionne amusé avant d’avancer vers le varech. Mais comme je n’ai aucune raison de te mentir, les guérisseur et herboristes étant plus que nombreux dans les grandes citées, je te réponds. « Je récolte des plantes médicinales pour les sécher en prévision de l’hiver. » Je te lance un regard. « Et toi, jeune damoiselle, que fais-tu en pleine forêt seule ? » Je te regarde un moment avant d’avancer de quelques pas, et de m’agenouiller pour cueillir un peu plus de mousse de varech. Ensuite je prendrais de la menthe sauvage.
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Lun 2 Oct - 23:12

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán
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Elle reporte finalement son attention sur le loup qu’elle toise avec une pointe de réserve. Sans oser s’approcher davantage de son nouvel interlocuteur, un léger sourire sûrement motivé par les récentes paroles de ce dernier se dessine sur son faciès ; « Je ne suis pas vraiment seule, disons juste que nous avons pris des routes différentes pour trouver plus rapidement ce pourquoi nous sommes venus ici. » Après quelques secondes à attendre sans rien ajouter, elle finit par reprendre la parole, in : « Est-ce du varech que vous coupez là ? »

La curiosité l'emportait finalement sur l'imposant canidé. Sans attendre davantage, elle se retrouvait agenouillée sur le sol, le tissu de sa longue robe soudainement enfoui dans la terre humide de ces bois à la densité certaine. Amargein serait très probablement fou de savoir que son apprentie avait raison. Nonobstant l'intérêt qu'elle éprouvait à l'égard de cette trouvaille, elle laissait Lucàn se servir à son aise car après tout, il était le premier à avoir posé ses prunelles dessus. Piaffant d'impatience à l'idée de clouer le bec au vieil aigri lui servant de mentor, la druidesse tentait néanmoins de ne pas paraitre trop pressée et de ce fait de ne pas brusquer le cueilleur.  « Des provisions pour l’hiver vous dites ? » ajouta-t-elle sur un ton qui trahissait ce petit sourire qu'il ne pouvait guère apercevoir pour l'instant.  

Au fur et à mesure que la lame de son interlocuteur séparait la fleur de sa racine, la demoiselle se retrouvait traversée par une subtile impression. Cette dernière était à la fois familière et éloignée, un contraste saugrenu qu'elle ne pouvait malheureusement pas ignorer. Puis, un léger pincement, celui de ses ongles tirant distraitement sa pommette afin de s'assurer que tout ça n'était pas le fruit de son imagination. Il était évident qu'elle n'était pas une habituée des lieux. Malgré sa proximité et son attrait pour la terre, les occasions pour elle de sortir de la capitale étaient plutôt rares voire nulles. Ce n'était cependant pas la première fois qu'elle se retrouvait perdue dans les environs. Quoi que, l'était-elle véritablement ? Aussi étrange que cela pouvait paraitre, la présence de l'étranger avait le don d'apaiser ses craintes. Raison pour laquelle Dearbh' se laissait porter par sa curiosité plutôt que de garder un œil attentif sur l'animal qui lui grognait dessus il y a encore quelques minutes.

« Est-ce que ça vous dérange si je vous en dérobe un petit peu ? » Elle attendit quelques secondes avant de reprendre ; « Si je n'en ramène pas à mon ami, il serait capable de me sermonner pour mon impertinence. » Toujours au contact du sol, les bouts des doigts de sa senestre reprenaient leur petit jeu tandis que ceux qui pinçaient autrefois son faciès cessaient peu à peu. Toute cette situation était bien réelle, c'était une évidence. Elle pouvait toujours sentir la froideur accabler ses joues rougies tandis que ses ongles se retrouvaient dorénavant recouverts d'une vilaine couche terreuse. La jeune femme s'en accoutumait sans mal, la crasse naturelle ne semblant guère l'incommoder et ce malgré son allure presque soignée. Elle n'était certes pas de la haute mais ses frusques restaient celles d'une humble citadine.

« Excusez-moi si mes paroles vous paraissent trop osées mais ... Nous sommes nous déjà rencontrés ? »  Elle n'était pas d'un ordinaire bavard et pourtant, l'envie d'en apprendre davantage sur cet individu grandissait un peu plus à chaque plante coupée. D'où pouvait bien provenir cette sensation, ce frisson remontant le long de son échine ? Le froid n'y était pour rien, elle le connaissait bien et malheureusement, ce qu'elle ressentait à ce moment-là était tout bonnement inhabituel. Du glamour, Amargein ne lui avait parlé que trop peu des autres qui pouvaient en être dotés. Depuis le début cachée sous le nez de ceux qui voulaient user de son don à mauvais escient, la druidesse préférait s'annoncer comme l'employée d'un herboriste de la capitale ; Vaughan. Elle n'était pas la guérisseuse, la devin douée de visions et autres capacités que certains catholiques d'aujourd'hui craignent et critiquent. Son naturel discret jouait sans nul doute en sa faveur et les clients voyaient en elle une jouvencelle peu bavarde, peut-être même mentalement dérangée.

En fin de compte, ce n'était pas plus mal.
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Ven 13 Oct - 19:50

Druide, où te caches-tu ?

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Inlassablement, je poursuis ma cueillette en faisant attention quand je coupe les plantes. Je te sens plus proche de moi. Et je peux déceler en toi une part de Glamour. Je le sens. Tout comme tu dois ressentir ma magie d’une manière ou d’une autre. Je ne pense pas que tu sois une Fey, peut-être une Druidesse ou une enfant de Fey. Cela leur arrive de s’unir à des Humains. Et les enfants nés de ses unions d’une nuit ne deviennent pas tous Druides. Certains deviennent des guerriers ou des rois. Je ne peux que ressentir le Glamour émanant de toi, sans avoir plus de certitude. Pour autant, je reste poli et aimable avec toi. Le Loup arrête de grogner et il repart fureter non loin de nous, les sens aux aguets… Je hoche de la tête quand tu mentionnes t’être juste séparée de ton compagnon.  « Oui, il en pousse peu dans la contrée où je vis. » Je réponds avec un léger sourire. Sois sans craindre, j’en prendrais peu au final. Je ne fais qu’une petite réserve. Car une fois l’hiver venu, seuls les villageois les plus proches auront recourt à mes dons de guérisseur.

Je relève la tête et je te regarde à ta question. « Je vis en forêt près d’un petit village. Une fois que le gel et la neige auront recouvert la terre, il me sera impossible de voyager. Et l’hiver est la saison morte. Autant avoir de quoi se soigner chez soi. » J’explique lentement. Nous sommes près de Tara, j’en déduis que tu vis en ville. Et même sans avoir jamais passé les portes d’une citée, je sais que la vie est très différente ici que là-bas perdu au milieu des plaines brumeuses, loin de tout. Nous vivons entre nous, à peine conscients de ce que décide ce prétendu Roi suprême. « Certaines plantes poussent en abondance ici. J’y viens une ou deux fois l’an pour en cueillir et les sécher. Cela me permet d’avoir de quoi soigner les gens. » Je ne vais pas mentir. Même sans avouer que je suis Devin, je peux me dire guérisseur. Même les Chrétiens en ont.

Ta question provoque un sourire sur mes lèvres. Et je cueille une fleur de plus que je te tends. « J’en ai assez. Je ne vais pas tout prendre. La menthe m’intéresse aussi. », je commente en me déplaçant pour te laisser la place. Après tout l’équilibre naturel doit être maintenue. Et si Mère Nature nous offre des plantes médicinales, nous ne devons pas abuser de sa bonté. Aussi fais-je toujours très attention à la quantité que je prends. Un moment, mon regard se perd dans l’étendu du sous-bois. Le chant des oiseaux se mêle à celui du vent dans les branches. C’est apaisant. Mes yeux s’attardent sur le Loup. Il s’est installé plus loin et semble taquiner les lapins du coin par jeu. C’est presque amusant de l’observer dans cette parodie de chasse. Puis il s’allonge sur le sol et observe le lointain. J’ai deux bons gardiens, je le sais.

C’est le son de ta voix, qui me sort de ma contemplation. Je tourne la tête pour t’observer et je fronce des sourcils. « Il y a peu de chance. Je n’entre jamais dans Tara, ni dans aucune citée. » L’air y est vicié et empeste. La nature en est cruellement absente. Je ne me sens chez moi qu’au milieu des bois ou des plaines. Et de ce que j’ai compris, tu vis en ville. Et je ne pense pas que tu sois une habituée des errances le long de chemin au gré du vent. « Je ne viens par ici que pour cueillir quelques plantes, sinon j’évite soigneusement Tara. » Cela doit être un bastion chrétien. Et peu de gens auraient besoin des services d’un Devin errant. Dans les villes, on prétend trouver de tout. Sauf peut-être toutes les plantes médicinales. Soigneusement, je range le Varech dans ma besace. Puis, je me relève. « Je m’appelle Lucán. » Je déclare et je t’offre un sourire. « Et tu m’es familière aussi. Mais guère parce que nos chemins se sont déjà croisés. », j’ignore ce que tu es exactement. Mais je devine que tu ressens ma magie, comme je ressens la tienne. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu tes traits lors d’une vision… Ce ne peut donc être que le Glamour, qui nous unit.
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Lun 13 Nov - 18:05

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Je m'appelle Dearbháil.
Lui répondit-elle tandis que ses prunelles suivaient le moindre de ses mouvements. Peut-être n'était-elle pas encore véritablement confiante, ses gestes demeurants tout de même distants nonobstant son précédent engoue- -ment. Après tout, la jeune femme n'était pas habituée par pareilles rencontres car elle avait toujours pris soin de ne pas adresser la parole aux inconnus en dehors du cadre professionnel qu'offrait l'herboristerie dans laquelle elle travaillait. Chaque jour, des manants allaient et venaient en faisant tinter la petite clochette située au-dessus de la porte. Fort heureusement pour elle, Vaughan était généralement présent pour pouvoir s'en occuper à sa place.

«On m'a toujours dit, depuis que je suis toute petite, que ma principale force était ma discrétion. J'ai cependant l'impression que je n'ai pas à me cacher de toi.» En voilà des paroles bien folles et dites à un jeune homme qu'elle ne connaissait ni de Eve ni même de Adam. Difficile de nier que le lien qu'elle ressentait, aussi faiblard pouvait-il être, avait le don d'apaiser ses craintes. Celles qui demeuraient encore devaient très probablement être les vestiges d'une éternelle fuite, une habitude prise au fil des années et enseignée par le barde qui lui servait de mentor. Amargein disait toujours : «Pavane toi devant les yeux de tes ennemis et c'est à peine s’ils remarqueront ta présence». Selon lui, la druidesse était davantage en sécurité à Tara plutôt que sur les routes à devoir fuir le courroux des chrétiens. Ce qu'il pouvait les haïr, eux et leurs coutumes acerbes venant misérablement piétiner les vrais dieux irlandais. Il ne se passait pas une soirée sans que ce dernier ne laisse une petite remarque se joindre à la conversation, quelle qu'elle soit.

«J'habite à Tara.» dit-elle finalement avant d'ajouter : «Et je gagne ma vie dans une apothicairerie située dans le quartier des artisans. La vie y est simple, presque agréable. C'est une routine qui me sied.» Lucan n'avait très probablement aucun mal à discerner cette petite once de lassitude au sein de sa vocalise (si tant est qu'il en ait quelque chose à faire). De plus, quoi qu'elle pût bien dire, sa gestuelle, elle, s'exprimait d'une toute autre façon : les épaules voutées, les mouvements nonchalants, inutile de préciser que son teint diaphane trahissait sans mal ses habitudes casanières (si on passait outre la petite couche de terre qui recouvrait encore son front). «Je ne vais cependant pas te demander la raison pour laquelle tu n'entre pas dans la capitale, je pense que c'est assez évident.»

Lentement, la demoiselle laissait ses mains glisser dans les poches de son accoutrement pour pouvoir en sortir deux choses : premièrement, un tissu immaculé qui ressemblait de près à un mouchoir ainsi qu'un petit couteau qu'elle dissimulait depuis le début. Sans se montrer menaçante, elle approcha finalement la lame aiguisée de la base de la plante pour pouvoir récolter les quelques tiges laissées par son interlocuteur. Ses gestes demeuraient lents et emplis d'un savoir-faire certain. Vraisemblablement, ses dires au sujet de son occupation quotidienne n'étaient guère des mensonges ou autres justifications saugrenues. «Le loup de tout à l'heure semblait t'écouter au doigt et à l'œil. Depuis quand voyagez-vous ensemble ?»
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Mar 26 Déc - 18:41

Druide, où te caches-tu ?

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán

Je t’observe avec un léger et doux sourire. « C’est un plaisir de te rencontrer, Dearbhaáil. », je réponds et je te salue d’un mouvement de tête. Et je constate que tu te méfies toujours du Loup et de moi-même. Mais après tout, nous sommes des étrangers l’un pour l’autre, qui se croisent au cœur des sous-bois pour la première fois. Je poursuis donc ma cueillette, nullement angoissé par ta présence. Je te sens empli de Glamour comme moi. Alors on est en quelque sorte lié par le même secret. Cela facilite grandement notre conversation. Ta phrase suivante me fait sourire un peu plus. « Je n’ai pas non plus l’impression de devoir me cacher de toi. », je réplique avec un clin d’œil complice. De toute évidence, toi aussi tu as appris à être discrète pour éviter les ennuis. Bien que je ne le sois pas vraiment au vu de mes deux compagnons de route, qui impressionnent bien souvent.

La magie nous lie. Je me demande à quel tu as conscience de ce que tu es. Le sais-tu ? Ou bien es-tu comme moi et caches-tu ce que tu es pour te protéger ? Je ne pose pas la question, parce que je n’interroge jamais les autres sauf quand je les soigne. Alors je ne te demanderais point si tu es comme moi, Druide, ou si tu es fille de Fey. Peu importe, car rien ne prouve que tu en as conscience. La seule chose qui est certaine, c’est que le Glamour nous habite et que nous ressentons sa présence en l’autre. Cela nous permet de parler sans mensonges, ni dissimulation. Quand tu reprends la parole, mon regard erre dans la direction de Tara, la grande cité. « Je n’y suis jamais allé. », je murmure en un simple souffle. « J’habite dans les plaines, une forêt dense près d’un petit village. » Je peux bien t’avouer aussi d’où je viens.

Je t’écoute me conter ta vie avec un sourire doux sur les lèvres. « Pendant la bonne saison, j’erre sur les routes, souvent très loin de villes pour remplir mon rôle de guérisseur… Et en hiver, je retourne dans ma chaumière au milieu des bois. », je déclare en essuyant mon couteau pour le ranger à ma ceinture. Je ne crois pas que je pourrais vivre comme toi : enfermé dans une grande citée avec pour tout horizon les remparts l’entourant. Cela étant, il me serait compliqué de remplir mes fonctions de Druide et Devin, si je ne voyageais pas. Mais j’aime ma vie d’errance pour être honnête. Et pour ce que j’en sais, les Druides sont tous des voyageurs. Enfin, je crois. Ta dernière remarque me fait sourire à nouveau. « Je m’y perdrais. J’aime trop Mère nature et les plaines, les forêts… Je ne saurais vivre en ville. Je t’admire pour ça. », je réplique en secouant la tête.

Je me déplace un peu plus loin pour cueillir de la menthe. C’est relativement bon pour la digestion et contre les nausées. Je t’observe un moment du coin de l’œil, te servir en plantes médicinales. Ta question me force à t’observer. Puis je tourne la tête pour observer le Loup, qui chasse le lapin sauvage un peu plus loin. « Très longtemps. Je l’ai reçu en présent dan un Nemeton quand il était encore un louveteau. », je raconte avec un doux sourire. « On se comprend. Il me suit tel un frère fidèle et protecteur… Tu sais ce qui est étrange, les gens remarquent toujours le Loup et s’interrogent sur lui… Mais personne ne voit jamais le Corbeau. », je déclare avec un léger rire. Je siffle doucement, et l’oiseau imposant noir vient se poser face à moi. Mes doigts caressent le haut de sa tête doucement.
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MessageSujet: Re: Druide, où te caches-tu ?    Dim 31 Déc - 13:30

Dearbháil Kerr Lovat & Lucán
Druide, où te caches-tu ?




- Un plaisir partagé, Lucàn.

Il était vrai que la jeune femme avait davantage accordé son attention à l’imposant loup qui se pavanait aux côtés de son interlocuteur. Cependant, ce n’était pas pour autant qu’elle en eût oublié le corbeau ; « Je dois bien avouer que le fauve aux crocs acérées a accaparé une grande partie de mon attention. En attendant, il est le plus impressionnant des deux. Du moins, en ce qui concerne la carrure. » c’est alors qu’un sourire probablement moins timide vint à se dessiner sur son faciès à l’allure émaciée. De son côté, Dearbháil continuait de récolter les plantes précédemment trouvées, les quelques tiges laissées par Lucàn pour qu’elle puisse en profiter un peu. Évidemment, elle prenait soin d’en laisser quelques plants afin que les années qui suivront puissent à leurs tours offrir leurs lots de merveilles.

« Ma prochaine question va probablement te paraître un peu trop osée mais es-tu druide ou enfant de fey ? Disons que je sens, sûrement comme toi, une émanation de Glamour. Je n’ai encore jamais eu l’occasion de rencontrer quelqu’un qui en était pourvu sans pour autant être une fey. » Si l’homme qui se trouvait en face d’elle n’était pas du genre à s’intéresser de trop près aux mystères que pouvaient recéler la jeune druidesse, ce n’était vraisemblablement pas son cas. On pouvait aisément comprendre que la situation ne faisait qu’attiser la curiosité (peut-être un peu mal placée) de la demoiselle habituellement cloitrée dans une vieille bâtisse de la capitale.

Néanmoins, elle ajouta : « Tu n’es pas obligé de me répondre. Je comprendrais sans mal que tu n’ais pas envie d’en dire trop… d’ailleurs, nul besoin de m’envier sur ma capacité à rester au sein de la capitale, je n’ai pas beaucoup d’amis. » Une fois les tiges scindées, elle prit soin de les déposer avec une délicatesse prononcée sur un morceau de tissu récemment ôté de la poche de son manteau. Une fois celles-ci disposées convenablement, elle finit par refermer ce dernier sur lui-même afin de préserver sa récolte et de ce fait, ne pas en abimer les feuilles. Même au cœur de son entreprise, elle continuait d’écouter les mots de l’inconnu car rares étaient les étrangers avec lesquels elle pouvait avoir une conversation qui allait au-delà des inaltérables convenances de la ville ; « Bonjour, que puis-je faire pour vous ? » ou encore « Je vous remercie pour votre visite, à la prochaine madame un tel. » Au moins, avec lui, rien n’était comme à l’accoutumé. « Mon mentor m’emmène parfois sur les routes, lorsqu’il a besoin de se rendre dans un endroit en particulier, un temple ou même Galway. Il prétend que le voyage peut être dangereux, surtout quand on sait que certains chrétiens traquent les nôtres. Je ne connais rien de cette vie là et je dois dire que je t’envie un brin moi aussi. »

Elle qui était si discrète déblatérait à présent milles mots. Une bouffée d’air frais soudaine, un besoin presque irrévocable d’en savoir davantage et de répondre à toutes ses interrogations laissées en suspens. Amargein lui enseignait bien des choses mais cela ne voulait cependant pas dire qu’il ne lui en cachait pas non plus. Il l’aimait après tout, comme sa propre fille.

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