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 Poème sylvain - ft Étain Airem

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Sigebert
guerrier

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Talents cachés : Guerrier à la recherche d'un chef de guerre - cupide et avide de gloire - chrétien
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MessageSujet: Poème sylvain - ft Étain Airem   Lun 20 Nov - 13:03

Poème sylvain

Nil sa saol seo ach ceo

LLe jour se levait sur le pays. Ses premiers rayons s'immisçaient entre les frondaisons des arbres, dont le doux froufrou berçait le voyageur, pour se répandre en taches sur le sol vert de mousse ; la rosée scintillait sous leur caresse, et le dormeur frissonna en grandes secousses. Il était perclus de douleurs dans le cou et les lombaires, et l'humidité s'était infiltrée jusqu'à sa peau. Dans un grognement, Sigebert se redressa, sans prêter attention aux gouttes d'eau accrochées à son manteau de laine –  il avait tenté de se mettre à l'abri du froid et de l'eau en dormant sur d'énormes racines mais cela semblait peine perdue sur l'île.

Le soleil était bien haut lorsque le Franc s'arrêta aux abords d'un ruisseau qui courait le long de la vieille route de terre pour manger son pain mouillé de bière, et faire sa toilette de chat. Les pêcheurs lui avaient indiqué le chemin pour trouver un monastère chrétien, mais alors qu'il mâchait sa pitance Sigebert se mit à craindre de s'être perdu. Il aurait dû le trouver la veille au soir ou bien au matin, ses hôtes l'avaient assuré que le trajet se faisait en une journée pour un homme seul. Il maudit les bois étranges en son for intérieur, qui brouillaient les pistes de leurs feuilles tombées et qui enivraient le voyageur d'une brume trompeuse. Le naufragé avait besoin de trouver des moines pour mieux apprendre du pays sur les rives duquel Dieu l'avait échoué.

D'un geste las, le guerrier tira son épée de son fourreau aux décors cloisonnés, et fit jouer la lame pour rire des reflets serpentins qui se dévoilaient sous la lumière ; cet objet avait plus de valeur que n'en avaient eue toutes les autres possessions de sa famille. Cadeau de Clodoacre à son père, elle lui avait été transmise avant la traversée de la Manche, et sa valeur augmenterait à chaque échange qu'elle vivrait ; la lame damassée était aussi un chef-d’œuvre de technique, et sur la gouttière, près de la garde, on distinguait la figure stylisée d'un sanglier doublé d'une croix grecque. Sigebert l'essuya avec un coin de son manteau, agacé que malgré tous ses soins au village son arme reste entachée de quelques croûtes de rouille dues à son voyage en mer. Si le cloître avait un forgeron digne de ce nom, il la ferait réparer là-bas.

Rengainant la spatha, le Franc se leva et se remit en route, après avoir bu l'eau claire du ruisseau. Il n'avait pas de vivres pour plus de deux jours de voyage, et la forêt impénétrable ne laissait guère présager de secours – peu de marchands devaient passer à travers bois, même pour raccourcir leur temps de trajet.

Il marchait depuis deux heures au moins lorsqu'il entendit un chant gaélique, dont il ne saisissait que peu de mots, s'élever à sa gauche. Méfiant, Sigebert décida malgré la prudence la plus élémentaire de se diriger vers ce chant ; il préférait risquer une rencontre avec une fée que mourir de faim dans ces bois qui le faisaient tourner en rond. La main sur sa garde et sa scramasaxe dissimulée dans un pli de sa cape mais accessible d'un geste, le pèlerin s'éloigna du chemin qui le maintenait dans le monde des hommes pour pénétrer l'ombre de cette terre païenne. Superstitieux, il se recommanda brièvement à son dieu.

Une dame blonde se révéla à lui au détour d'un orme énorme, assise sur ses racines monstrueuses et récitant dans sa langue des vers dont le sens échappait au Franc ; celui-ci se signa devant l'apparition, sans nul doute magique. Il avait été bercé de nombreux récits sur les magiciens et les satyres, qui formaient la suite des anciens dieux, et savait qu'ils étaient fourbes et menteurs, mais qu'on pouvait parfois s'en faire des alliés le temps d'un service. La femme aux longs cheveux dodelinait de la tête au rythme de sa complainte, ses grands cils chatouillant ses joues roses alors qu'elle fermait les yeux ; Sigebert n'osa pas bouger ni l'interrompre : il ne fallait pas offenser de telles créatures.

Il attendit alors que la dame le remarque, le cœur battant à tout rompre.
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Étain Airem
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Talents cachés : Divinité de la poésie
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MessageSujet: Re: Poème sylvain - ft Étain Airem   Mer 22 Nov - 21:38

Poème sylvain

Sigebert & Étain

Je n’ai pas ma place dans ce tableau boisé. Je suis une créature, qui tranche avec la nature, la forêt et sa verte parure. Pourtant, je m’insère ici, en cet instant, comme si j’étais chez moi. La peau pâle, dépourvue des zébrures bleutées, qui content des histoires, je suis immobile comme une statue. Je suis telle ces pierres polies et marbrées, aux formes parfaites qui peuplent encore certaines demeures plus au sud. D’apparence mortelle, au cas où un voyageur se perdrait en ces contrées boisées, je suis installée sur une racine. Les jambes étendues tout le long, en position presque couchée, le dos bien calé contre le tronc solide. Mon corps est recouvert de tissus presque transparents, vaporeux et fins, qui jouent avec la lumière de l’aube. Mes cheveux d’or tressés, retombent sur mon épaule et glissent jusque ma taille fine enserrée d’une ceinture en métal et pierres précieuses. On pourrait imaginer une Dame de cour. Est-ce le mirage que je désire renvoyer ?

Mais je suis loin de Tara ou de toute autre cité, où je peux jouer ce rôle théâtral de jeune veuve. Je ne suis ni jeune, ni veuve. Mais qu’importe, nul Mortel ne sait qui je suis. Non, j’ai simplement suivi une route magique, envoûtée par le chant d’un petit oiseau. Et depuis ma longue marche m’a un peu fatiguée. Je me suis donc assise et j’écoute le chant de la nature. Elle me murmure de doux vers, me conte de bien étrange histoire. Fermant les yeux, mes lèvres s’ouvrent lentement. Et ma voix, claire, mélodieuse et cristalline, se joint au chœur des oiseaux et du vent. Une ode douce, qui m’est inspiré par les lieux, coule hors de ma bouche. Elle m’est inspirée par le moment. Peut-être la soufflerais-je aux oreilles d’un Barde ou d’un Troubadour pour qu’elle voyage à travers l’Eire. Mais peu importe si c’est le vent qui l’emporte ou un Mortel qui la chante, mon hymne à la nature s’éveillant voguera vers d’autres contrées.

Un bruit étranger et une présence se manifestent. Pourtant, je poursuis la complainte, les yeux fermés. Les oiseaux, qui s’étaient approchés, s’envolent à tire d’aile. Et je suis seule pour finir mon chant. Il se prolonge avec légèreté dans les airs avant de mourir sur mes lèvres closes. J’inspire l’air frais de cette matinée. Mes yeux s’ouvrent alors et je lisse le tissu de ma jupe. « Approche donc noble guerrier. », je t’invite d’un geste de la main à venir plus près. Alors qu’es-tu étranger ? Un païen perdu, qui sera honoré de rencontrer une Sidh ou un Chrétien qui désirera m’occire ? Le choix est simple. Lentement, je tourne la tête pour t’observer. « Tu n’as point à me redouter. Je suis une femme seule au milieu d’une forêt. Et tu es un Héros pourvu d’une épée, qui pourrait occire un monstre. », ma voix est mélodieuse et douce. C’est une invitation à venir plus près et à me conter ce qui t’amène jusqu’à moi.

Mon sourire est doux lui aussi. On dit que je suis d’une grande beauté, que ce soit sous mon apparence humaine ou de Sidh. Mais puis-je croire en la parole de ceux que j’inspire ? Et toi, noble guerrier, qui es-tu ? Un moment mon esprit se plaît à imaginer, que tu pourrais me conter tes aventures. Ô cela serait certes des plus plaisants. Et je le transcrirais sous forme de vers, de longs poèmes à ta gloire. Ensuite, il me suffirait de les inspirer, de les souffler dans un songe à un Barde ou tout autre Troubadour… Je peux faire de toi un héros admiré et craint. Ou bien te ridiculiser. Mais sais-tu seulement cela ? Tu n’es guère vêtu comme les gens de ces contrées. Tu m’intrigues, Mortel. « Alors, me conteras-tu ce qui t’amènes noble voyageur ? » Ma tête se penche sur le côté. Mes yeux perçants se posent sur toi pour étudier ta mine.
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MessageSujet: Re: Poème sylvain - ft Étain Airem   Lun 27 Nov - 10:10

Poème sylvain

ft Sigebert et Etain

Elle avait parlé. L'apparition fantastique, couchée comme un gisant sur une stèle de mousse et dont les lèvres tressaillaient à peine sous le chant qui la faisait vivre, dont les cheveux d'or étaient dérangés par le vent seul, celle-là même venait de tourner la tête vers lui pour ficher ses yeux dans son âme et ses mots dans sa poitrine. Sigebert était tétanisé face à cette femme, et le cœur lui soulevait les côtes sans qu'il sache quel sentiment prévalait en lui : l'amour ou la terreur. Mais il était hypnotisé tout à fait et, prisonnier de sa gorge volubile, le barbare fit un pas en avant. Puis un autre, et encore un, avant que ses genoux ne se missent à trembler alors qu'il jurait sur tous les saints de ne pas avancer plus.

« Tu n’as point à me redouter. Je suis une femme seule au milieu d’une forêt.  Et tu es un Héros pourvu d’une épée, qui pourrait occire un monstre. »

Qui comptait-elle tromper par ces mots ? Le guerrier voulut la croire, car telle beauté ne peut être seulement fourberie, et tirer son épée damassée pour la lui faire voir, en lui racontant dans quelles poitrines il l'avait plongée et quels crânes allongés il avait fendu. Il avait été un héros. Le sort qu'elle tissait autour de ses sens s'estompa alors que le druhtin se remémorait les échecs qui l'avaient mené à cette vie vagabonde. Et puis, la fée se trompait : il ne pouvait occire le monstre qui lui faisait face en souriant.

Devant son mutisme, la dame des bois insista :

« Alors, me conteras-tu ce qui t’amènes noble voyageur ? »

Et tous les loquets de raison qui gardaient encore intact la méfiance dudit voyageur sautèrent devant cette invitation enchanteresse. Les hommes aimaient raconter leurs histoires, c'est pour cela qu'ils avaient de tout temps peint les grottes, gravé les ceintures et sculpté les frises bordant les temples. Et Sigebert n'était qu'un homme.

« La tempête. C'est la tempête qui me jette sur les galets du pays ici. Je cherche un chef de guerre pour me donner de l'or et manger à son banquet, car j'ai des serments à donner en échange. »

Les mots, hésitants d'abord, se firent plus fluides à mesure que sa langue se déliait et qu'il se familiarisait avec celle qu'il pratiquait. Le Franc se laissa aller jusqu'à mentionner son service à Clodoacre, de qui il partageait la couche ; il parla de la guerre contre les Burgondes au crâne long et des victoires qu'il avait partagées avec ses frères d'arme, mais tût les circonstances honteuses de la mort de son chef.

« Je suis une épée seule aujourd'hui, je cherche une bande pour faire la guerre. Les paysans me donnent la route pour trouver le monastère de Dieu, là on parle ma langue je pense, et là on sait le lieu du chef que je veux et qui donne l'or et le vin aux plus forts. »

L'homme respecta un temps de silence, étourdi par l'odeur merveilleuse des bois, avant de profaner l'instant en interrogeant la magicienne :

« Pourquoi une…, il manquait de mots pour désigner les fées et créatures qui peuplaient son folklore franc et décida de réemployer le terme qu'elle avait utilisé plus tôt. Un monstre, chante sur le chemin dans la forêt ? »
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MessageSujet: Re: Poème sylvain - ft Étain Airem   Ven 12 Jan - 18:50

Poème sylvain

Sigebert & Étain

Ma voix t’envoûte. Elle a cet effet sur n’importe quel être. Cela dit, je peux en jouer. Je peux parler normalement, sans affecter les pensées et le désir de me plaire de mon interlocuteur ; ou je peux l’amener à faire tout ce que je désire. J’inspire les Bardes, poètes et troubadour. Je crée des exploits épiques dans des odes dédiées aux Feys et aux Guerriers. Et je brise toute réputation et prétention en une simple phrase brève. Les mots voilà avec quoi je combats. Ma voix, voilà mon arme face à ton épée, noble Guerrier. Alors je me fais enjôleuse, rappelant que je ne suis qu’une faible femme perdue dans les bois et dépourvues d’armes pour se défendre. Et toi, tu es un guerrier capable d’occire un monstre. Je pèse le poids de chaque mot, qui pénètre ton esprit et t’amène là où je le désire.

Je me redresse un peu alors que tu cèdes, comme n’importe qui, à ma demande et commence à me conter tes aventures au-delà des mers. Je croise les mains sur mes genoux, et je t’écoute, mémorisant chaque détail de tes faits d’armes. Je pourrais écrire un poème entier à ta gloire de Barbare venu d’au-delà de la mer pour servir un noble Seigneur chrétien. Car tu avoues être de cette étrange nouvelle religion, que je côtoie souvent dans les palais royaux et seigneuriaux. J’écoute avec un doux sourire ton récit brut, sans effet narratif, ni ver. Mais il me plaît. Il serait parfait tant tu as vécu de bataille, si tu n’étais pas un assassin de mes protégés, de ceux qui nous prient encore, nous, les Feys. Si je suis bonne oratrice, je suis aussi très bonne auditrice. Certes tu ne manies pas les mots avec élégance, mais tu es un guerrier. Et ce que j’attends de toi, ce n’est qu’une histoire qui pourra me servir pour ma prochaine création. Et en cela tu remplis admirablement ton rôle d’inspirateur premier…

Puis le silence revient. Tous les animaux ont fui à ton arrivée. Et je n’ai toujours pas bougé, écoutant simplement tes espérances en cette terre nouvelle. Tu es donc un assassin des Celtes. Qu’il est triste que tu sois Chrétien. Je n’utilise jamais leurs faits d’armes pour les enjoliver par mes vers. « Monstre ? », je répète avec un léger rire, qui brise le clame des lieux. « Ce n’est guère, mon cher ami, une manière bien galante de parler d’une dame. », j’ajoute en secouant ma tête doucement, désapprobatrice. « Pourquoi ne puis-je chanter en ces lieux ? Ils m’inspirent de beaux vers… Ils sont à l’origine de toute beauté sur terre. Nous devons tellement à la nature… », je soupire presque ma phrase. J’aime ce qui est beau. Et la nature est d’une magnificence inégalée. Mes doigts courent sur la racine de l’arbre lentement. [color=#3399ff]« Tu ignores bien des choses sur ces contrées… »[/colo] Car l’Eire est envoûtante, prenante et mystérieuse. Elle se dissimule dans les brouillards épais… Et les routes magiques, qui perdent pendant des décennies les guerriers sans peur qui les ont suivies… L’Eire est magique et mystique. Mais le comprends-tu seulement ?
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